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bambou


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Le bambou,
une histoire japonaise

ou la renaissance du savoir-faire séculaire d’une dynastie d’artisans


■ Paris
du 24 janvier au 30 avril 2020
de 9h à 18h30
samedi de 10h30 à 13h et de 14h à 17h


L’ESPACE ASIA

1, rue Dante 75005 Paris


■ Lyon
du 27 mai au 10 octobre 2020
lundi – vendredi de 9h30 à 12h30 et 13h30 à 18h30
samedi de 10h à 13h et 14h à 17h


L’ESPACE ASIA

46, rue du Pdt Edouard Herriot, Lyon


■ Toulouse
mi octobre 2020 – fin janvier 2021
lundi – vendredi de 9h30 à 12h30 et 13h30 à 18h30
samedi de 10h à 13h et 14h à 17h


L’ESPACE ASIA

5, rue Croix Baragnon, Toulouse


Le bambou dans tous ses états à travers la collection unique de Yoshihiro Yamagishi, un japonais passionné qui fait revivre les traditions de l’atelier familial qui crée des objets du quotidien depuis 1894.

Tout savoir sur le bambou

Le bambou dans la vie quotidienne au Japon

Dès qu’on arrive à l’aéroport Narita de Tokyo et qu’on prend la route, les innombrables forêts de bambous sautent aux yeux et font toute la différence entre les paysages occidentaux et japonais.



Il paraît que dans le monde il existe environ 1.200 espèces de bambous, appartenant toutes à la même famille que le riz, avec leur tige généralement ligneuse et creuse. La moitié se trouve au Japon où la surface des forêts de bambous occupe autour de 1% de l’ensemble des zones forestières. Ce chiffre s’applique tant au Japon qu’au reste du globe.

Les Japonais aiment les bambous, matériellement et esthétiquement. Et de toute évidence cette plante occupe une place considérable dans leur vie quotidienne.



Monsieur Yoshihiro Yamagishi est né dans une famille qui possède des forêts de bambous et dont le métier consiste à travailler le bambou. Le savoir-faire familial remonte à son arrière-arrière-grand père ; Yoshihiro Yamagishi est donc le quatrième Taketora selon la tradition des familles d’artisans.

Ce nom Taketora vient en fait de la spécificité de bambou que cultive la famille et avec laquelle elle produit différents objets. Take signifie bambou et Tora tigre, qui désigne ces bambous aux motifs tigrés.

La particularité de ces bambous est qu’ils ne commencent à produire les motifs tigrés qu’à partir de trois ou quatre ans après leur germination et, très souvent, dans les mois après la première gelée blanche. Aujourd’hui ce phénomène devient de plus en plus rare à cause du changement climatique, car la gelée blanche est de plus en plus rare.

De plus, ce ne sont pas tous les bambous de la plantation qui prennent ces motifs tigrés, mais seulement une partie. Il ne faut donc pas couper tous les bambous 3 ou 4 ans après leur germination, mais repérer uniquement ceux qui montrent ces motifs. Une autre difficulté est qu’il n’existe aucun signe extérieur, voire pas de signe visible du tout pour les non spécialistes. Selon Yamagishi ce ne sont que des paysans expérimentés qui savent les repérer. Et cela pose un problème de génération, car la génération des anciens dotée cette faculté est en voie de disparition.

Un célèbre botaniste Tomitarô Makino (1862 – 1957) qui a fondé le jardin botanique qui porte aujourd’hui son nom, avait essayé de transplanter ces bambous tigrés dans son jardin, mais ils n’ont jamais reproduit le phénomène.

L’exposition permettra de découvrir des objets en bambou que la famille Taketora s’applique à fabriquer depuis quatre générations, mais aussi beaucoup d’autre objets produits par la maison.


La petite histoire du bambou

Croissance

La plupart des bambous pousse dans les pays d’Asie du sud-est, d’Asie de l’est, d’Amérique du sud ou d’Afrique, où les terres sont riches en azote, en acide phosphorique et en postasse. Il faudra aussi beaucoup d’eau pour que ces trois minéraux puissent irriguer les vaisseaux de la plante. Les conditions maximum pour que les bambous se développent convenablement dépendent d’abondantes précipitations d’au moins 1.000 mm par an, d’une température moyenne annuelle au-dessus de 10 degrés et d’une bonne exposition à la lumière.

Pour que des bambous poussent, la latitude doit être limitée à 40° dans l’hémisphère nord où la température moyenne pendant les mois les plus froids ne descend pas au-delà de 1 degré en-dessous de zéro. Dans l’hémisphère sud, en Amérique du sud, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, la limite de la latitude doit être également de 40°environ. Dans les Andes et les Himalaya, certains bambous poussent jusqu’à 5000 m d’altitude, mais ce ne sont que des espèces Sassa, des bambous nains qui résistent mieux au froid.

Les bambous commencent à pousser dès que la température atteint au moins 10° ce qui correspond également à la floraison de yamazakura (cerisiers sauvages), un peu plus tard que celle du fameux cerisier Yoshino. Dans les zones tempérées, il faut compter de 50 à 90 jours environ entre la germination et la croissance, après quoi la hauteur et la taille n’évoluent plus.

En général, on considère que la vie du bambou commence dès qu’il sort de terre au moment de la germination, et ce germe n’est autre que Takenoko ou pousse de bambou, qui est le mets préféré des japonais quand le printemps arrive.

On peut se demander pourquoi les bambous poussent si rapidement. La raison est qu’à l’intérieur du bambou, la croissance est assurée par des nodosités qui s’activent l’une après l’autre presque en même temps. Au début, elles sont fermées comme des lanternes de papier plié. Au fur et à mesure qu’elles s’ouvrent, le bambou grandit et sa croissance s’arrête au moment où tous les nœuds sont complètement ouverts. Les nodosités sont nombreuses dans un bambou et leur nombre reste le même durant toute sa croissance.

La croissance terminée, ces nodosités restent au sommet du tronc où chaque nœud donne naissance à des branches et des feuilles. Si le cambium qui est comme une seconde écorce contribue à la croissance des arbres, il n’y en a pas dans le bambou, ni dans les troncs ni dans les branches.



Racines et floraison

Une fois la croissance de la partie extérieure terminée, c’est le tour des tiges souterraines. Elles commencent à se développer autour du mois de juillet et ce pendant 4 mois environ. Pendant l’été où les précipitations sont abondantes, le développement s’accélère et favorise la naissance des jeunes bambous. Toutefois, ils ne deviennent takenoko qu’à partir de 12 mois après la fin de la germination.

La seule façon d’avoir des semences de bambou est de prendre des semences souterraines et d’en cultiver les plantules (pousses naissantes). Car la floraison des bambous est imprévisible et beaucoup trop soudaine pour pouvoir récolter les semences.

Avant de se flétrir, le bout des branches du bambou donne naissance à des fleurs qui ressemblent à celles du riz. Elles sont difficiles à apercevoir car les bambous sont encore bien verts et finiront pas mourir chacun à leur rythme.



Objets du quotidien en bambou

Au Japon où les forêts de bambous sont quasi omniprésentes, les habitants de chaque région fabriquaient eux-mêmes les objets du quotidien. Artisans professionnels ou paysans, ils les réalisaient à domicile quand ils ne pouvaient plus travailler aux champs à cause du froid ou de la neige, justement après la récolte de bambous. De nos jours ils ne travaillent plus le bambou mais la technique s’est transmise jusqu'à aujourd’hui.

La promotion la plus importante des objets artisanaux en bambou a été faite par les maîtres de la cérémonie du thé à l’ère de Muromachi (de 1336 à 1573) sous le règne des shôguns Ashikaga ) et à l’ère d’Azuchi-Momoyama (de 1573 à 1603) sous Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi. La cérémonie du thé créé par le Maitre Noami (1397 - 1471) s’appelle la cérémonie de style d’Higashiyama, d’abord réalisée dans des ustensiles importés de la Chine ancienne. C’est le fameux Maître Sen Rikyu (1523 – 1591) qui a introduit les ustensiles simples de tous les jours, souvent en bambou, tradition qui perdure aujourd’hui.

Aujourd’hui, les objets du quotidien en bambou sont essentiellement des corbeilles et des paniers pour transporter ou poser des fruits, des boîtes pour emporter son déjeuner, des récipients pour servir des mets, notamment des sobas, nouilles de sarrasin.

On utilise également le bambou pour l’étendage du linge ou la fabrication des parapluies, des éventails, des tamis pour passer le riz, des paires de baguettes, des plateaux de service, et même des sandales, des balais, des cuillères… On en fait aussi des nasses pour attraper les anguilles, des échelles, des manches de pinceaux, des vases et même des instruments de musique. Et puis n’oublions pas que les peaux de pousses de bambou takenoko servent à emballer la nourriture.


Enfin, des jouets en bambou que les enfants adorent, comme des échasses – Takéuma - et des libellules – Takétombo

Pour fabriquer tous ces objets, les bambous ne sont jamais utilisés directement après l’abattage. Ils sont d’abord dégraissés par trempage dans de l’eau bouillante avec de la soude caustique, puis séchés dans un endroit bien aéré et pas trop ensoleillé.





Le Bambou dans l’architecture

Il joue un rôle non négligeable. Autrefois on posait des planchers en bambou dans les chambres, sans oublier les torchis qui étaient renforcés par des tiges de bambou.

On voit souvent de belles haies de bambous dans les temples et dans les pavillons anciens et modernes. Comme par exemple, les haies des temples Ken-nin-ji, Ginkaku-ji (pavillon d’argent) ou Ryôan-ji à Kyoto.

Au sud-ouest de Kyoto, dans le parc Chikurin (Rakusai Bamboo Park) se trouve un très grand nombre d’espèces différentes de bambous. A l’intérieur du parc, on découvre non seulement des bambous, mais aussi comment les populations ont intégré le bambou dans la vie traditionnelle au Japon.



Le bambou dans la vie moderne

Aujourd’hui, grâce à des recherches avancées, on l’utilise aussi pour la fabrication du papier, de textiles, de produits pour la conservation des aliments ou de médicaments ou même du charbon. La qualité du charbon de bambou et du textile est très appréciée grâce à la fibre particulièrement fine du bambou.



Le bambou dans les fêtes et la littérature

Des fêtes, des contes et des proverbes, sont très nombreux de nos jours. Parmi eux les plus populaires sont la fête de Tanabata, des étoiles de Véga et de l’Altaïr et le conte de la princesse Kaguya – Kaguya-himé.

La fête de Tanabata provient d’une légende de la Chine ancienne. Elle raconte que l’empereur du Ciel avait une fille. Elle était très douée pour l’art et tissait tous les jours. Elle s’était mariée avec un berger renommé, mais la princesse et le berger étaient tellement amoureux qu’ils avaient fini par négliger le travail, ce qui avait déclenché la colère de l’empereur. Il les avait séparés et désormais les amoureux étaient obligés de vivre chacun d’un côté du fleuve, dans la voie lactée - amano-kawa . Mais l’empereur ayant été touché par leur chagrin, il les autorisa à se voir une fois par an, le 7 juillet.

Ce soir-là, une pie se posait sur le fleuve et les amoureux se rencontraient sur son dos. Les enfants sont très tristes quand il pleut ce soir-là, car l’oiseau ne peut pas se poser sur le fleuve et le rendez-vous des amoureux est annulé. Lors de la fête, les enfants décorent un bambou avec des bandes de papier de cinq couleurs sur lesquelles ils écrivent leurs vœux.

Le conte de la princesse Kaguya écrit à l’ère Heian (794 ap.J.C. - 1185) est d’auteur inconnu mais Murasaki-shikibu, auteur du roman Genji qui est un monument littéraire universel, dit que ce conte est le plus ancien récit écrit au Japon.

Un jour un vieux coupeur de bambou trouve un tronc de bambou bien brillant. Quand il le coupe, il découvre à l’intérieur un tout petit bébé. Heureux de recueillir une très belle petite fille, lui et sa femme l’élèvent avec beaucoup d’attention. Par la suite, chaque fois qu’il coupera un bambou il y trouvera une pépite d’or. La petite fille grandit et devient une fille resplendissante. La rumeur de sa beauté s’étant répandue, cinq hommes nobles viennent la demander en mariage. Ne sachant comment refuser, la jeune fille exige que chacun d’eux réalise une tâche difficile, voire inhumaine. Même la demande de l’empereur sera refusée. Alors le vieux couple s’aperçoit que leur fille a l’air triste quand elle voie la pleine lune. En fait, elle vient de la lune et est destinée à y retourner. Et un soir de pleine lune, les demoiselles d’honneur de la Cour Céleste viennent la chercher pour la ramener sur la lune.
L’histoire est très célèbre au Japon, elle a même été adaptée au cinéma et de nos jours, sous forme de manga et en vidéo.


Il y a plusieurs dictons ou métaphores en rapport avec le bambou et il existe de nombreuses lettres qui contiennent le signe du bambou dont par exemple : « Un homme au caractère droit est comme un bambou fendu » … Enfin, esthétiquement, sur des objets ou des vêtements, on retrouve partout des motifs de bambous, soit liés à la beauté, soit à la qualité du bambou.





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